La France en monoroue sur 100 jours

Ce jeune lyonnais a parcouru près de 4400 kilomètres en France sur un monocycle !

Pour commencer, si tu devais décrire brièvement ton tour de France sur une roue en quelques chiffres ?

  • 100 Jours de voyage exactement
  • Entre 40 km et 90 km par jour
  • 4 386 km au total
  • 1 566 429 tours de pédale !
  • 90 hôtes différents 
  • 2 amis m'ayant accompagné sur quelques étapes
  • 4 chutes sérieuses (douloureuses)
  • 1 nuit à la belle étoile, dans mon hamac.
  • 1 seule nuit "à mes frais", n'ayant pas trouvé un hôte m'offrant l'hospitalité !

D’où t’est venue cette idée de réaliser ce tour de France en monocycle ?

J'ai été président d'une association de Cirque à Versailles (toupie Cirkus) pendant 7 ans, et c'est là que j'ai appris le monocycle. On partait souvent se faire des balades de 2 ou 3h en forêt sur nos monocycles, avec les autres membres de l'association.

 

Un jour, on s'est dit en rigolant que ça serait génial de faire le tour de France en monocycle, j'ai cherché sur internet, et j'ai vu que personne ne l'avait vraiment fait. J'en ai conclu naïvement que ça ne devait pas être possible.

 

Mais récemment, l'envie de m'évader et de rencontrer des nouveaux horizons m'a décidé à voyager. Qu'il y a-t-il de mieux pour s'initier aux joies du voyage et découvrir son propre pays que d'en faire le tour?

 

Le vélo, c'est sympa, j'en fais tous les jours pour aller au travail, faire la fête, me déplacer dans ma ville... mais quand je veux faire du sport, et me changer les idées, je pars rouler avec Henriette, ma grande roue! Alors c'était décidé, un tour de France en monocycle, parce que le monocycle, c'est vachement plus rigolo (très subjectivement).

A force d'en plaisanter, de l'évoquer, d'en parler, d'emmètre l'hypothèse de le faire, l'envie a grandi, grossit, et en novembre 2014, c'était décidé, je partirai sur les routes de France en monocycle et le départ serait pour le printemps ! C'est le premier voyage où je pars un peu "à l'aventure" !

 

Ça fait 8 ans que je pratique le monocycle régulièrement, et la grande roue demande qu’on l’apprivoise, mais une fois quelques sorties de plusieurs kilomètres, on gère mieux la grande roue et on peut vraiment prendre du plaisir sans avoir peur de la hauteur, et de la vitesse !

 

Quel a été ton itinéraire vélo ?

Départ de Lyon le 15 Avril 2015, direction le sud le long de la ViaRhôna, jusqu'en Camargue. Ensuite, j'ai longé la côte méditerranéenne jusque Narbonne puis direction Carcassonne et Toulouse (en empruntant un petit bout du canal du midi). J'ai ensuite traversé St Gaudens, Tarbes, Pau où ça monte, ça monte !!

 

Au total, il m’a fallu 3 mois pour me préparer.

Arrivé à Bayonne, je commence la remontée vers le nord, le long de la côte, en empruntant un maximum La Vélodyssée, un petit détour par la Loire à vélo pour voir des amis à Nantes, puis je suis forcé de quitter la Vélodyssée pour longer la côte bretonne et puis la côte normande, en utilisant systématiquement les départementales qui longent la côte. Je verrai la mer jusqu'à Dunkerque où je commence à longer la frontière en passant par Lille, Valencienne, Charleville Mézières, Verdun puis Metz. Je redescends ensuite vers le sud, direction Nancy, Epinal, Vesoul, Besançon, Dole, Lons le saunier, Bourg en Bresse puis Lyon, arrivé le 23 juillet, exactement 100 jours après le départ.

 

L'idée, c'était de faire un tour de France, en empruntant un maximum les pistes cyclables et les voies vertes, mais bien sûr, obligé d'emprunter certaines routes départementales...

 

Pour le tracé, j'ai découpé la France en tronçons de 40km avec Google maps et je suis tombé pile sur 100 villes, c’était un signe, il fallait le faire en 100 jours ! Pari tenu, 100 jours après mon départ de Lyon, j’arrivais au parc de la tête d’or !

 

J’ai également profité de ce voyage pour le partager avec les enfants de mon école : je suis animateur dans une école en périscolaire, et j’ai monté un projet avec les enfants avant de partir : chez chacun de mes hôtes j’ai déposé une énigme écrite par les enfants, et à leur tour les hôtes renvoyaient leur réponse et proposait une énigme aux enfants permettant de trouver le nom de la ville dans laquelle j’étais en étape… Une animatrice et une instit ont aussi fait suivre le blog aux enfants.

 

Quels ont été tes plus gros coups de cœur ?

J’ai découvert énormément de régions de France,  par ordre d’apparence, j’ai trouvé ces coins chouettes :

 

Pont St Esprit, Avignon et sa ville dans les remparts, les Stes maries de la mer et ses petites maisons, Montpellier ville festive, Carcassonne et sa cité médiévale, Castelnaudary, Pau, Salies en bearn, Bayonne, mais aussi la Vélodyssée dans la pinède.

 

Pour pouvoir rouler sur la route avec un grand monocycle, il faut au moins un an de pratique.

 

Toujours par ordre d'apparence : Brouage et son musée du vélo, La Rochelle,  Pornic, Guérande et ses marais salants, Auray et son petit port, Quimper, Crozon,  Lannion,  toute la côte du débarquement,  le Mont-St-Michel, Honfleur et son petit port, Veulette sur mer, le Crotoy et la baie de somme, Lille et son centre-ville piéton, Nancy, Besançon et son super centre chaleureux, ou encore pour terminer, Bourg-en-Bresse.

 

Comment as-tu fais pour te loger ?

Majoritairement chez l'habitant via les nombreuses rencontres, warmshower ou couchsurfing. Sinon, j'ai passé une nuit en auberge de jeunesse, et un camping en hamac !

Le monocycle ça surprend surtout quand tu dois dire que tu fais un tour de France ! Des souvenirs à partager ?

Le  monocycle favorise les rencontres et les échanges, les gens sont intrigués et posent des questions, quand ce n’est pas des blagues du genre « t’as perdu une roue ? » ou « on lui a volé la moitié de son vélo » c’est « ce n’est pas trop difficile ? » ou alors « vous faites vraiment le tour de France ? »

J’ai rencontré 2 monocyclistes sur grande roue (de la même taille que la mienne : 36 pouces) totalement par hasard, un à Montpellier, qui faisait sa sortie sportive du samedi après-midi. Quand je l’ai vu, je l’ai rattrapé et je lui ai demandé si je pouvais dormir chez lui, il m’a tout de suite dit oui !

L’autre monocycliste, un monsieur de 63 ans, britannique, mais vivant en Normandie, qui, si j’ai bien compris, était le plus vieux monocycliste à avoir parcouru 100 km en une journée !

Quel matériel as-tu utilisé ? Comment t'es-tu guidé ?

Le monocycle est un « nightrider » de la marque britannique NIMBUS, un monocycle avec un design original, qui sort un peu de l’ordinaire, et qui en fait un bel objet auquel je me suis beaucoup attaché. Je n’ai ni utilisé de tente, de sac de  couchage, ou de sacoches (mis à part des petites sacoches accrochées au monocycle trouvées sur internet, mais rien de fabuleux !)

Par contre mon sac à dos Deuter 25L avec l’air confort dans le dos, était vraiment un bon compagnon.

J’ai utilisé mon smartphone et l’appli Google maps option vélo avec l’affichage des pistes cyclables, et parfois aussi l’appli MAPS.ME qui permet de stocker des cartes sur le téléphone avant le départ, et de les utiliser hors ligne (sans connexion data). Pas mal lorsqu’on ne capte pas, pour quand même savoir où on est ! J’ai aussi utilisé l’appli Locus Free, toutes ces applications sont gratuites et bien pratiques.

Google maps m’a quelque fois emmené dans des terrains impraticables,  des chemins privés, ou des culs de sacs, mais cette appli m’a aussi fait passer par des chemins improbables, dans des forêts, des chemins de campagne, que je n’aurai jamais trouvés autrement !

Comment t'étais-tu préparé pour ce grand voyage ? 

J’ai essayé de prévoir un maximum de choses pour ce tour de France. Une check liste du matériel et du contenu du sac à dos était indispensable. J’ai récupéré un maximum d’informations sur les pistes cyclables de France.

Une collecte sur le site kisskissbankbank m’a permis de financer la partie nourriture de mon projet (1000€ pour 100 jours).

Il m’a fallu 3 mois pour me préparer au total. Pour ce grand voyage, je me suis entrainé à partir du mois de février à faire des sorties de 40km deux fois par semaine jusqu’à mon départ le 15 avril. C’était important de savoir de quoi j’étais capable, et de constater l’état de fatigue après 40 km (à peu près 4h de monocycle).

En effet, pour pouvoir rouler sur la route avec un grand monocycle, il faut être vraiment à l’aise, ce qui demande beaucoup de pratique. Ça dépend de la vitesse d’apprentissage, mais je pense qu’en moyenne, il faut au moins un an de pratique. Il faut savoir rouler sans avoir à rattraper son équilibre avec les bras, savoir rouler les mains dans les poches par exemple.

Les avantages & inconvénients d’un voyage en monocycle ?

Les avantages du monocycle :

+ Les rencontres faciles,

+ La hauteur de la position,

+ La position verticale qui met face aux paysages, et pas face au guidon,

Moins de problèmes techniques à régler que sur un vélo, donc moins de pannes,

+ Facile à ranger/manœuvrer/porter,

+ Le coté défi,

+ Intrigués, les automobilistes font plus attention qu’en vélo.

Les inconvénients du monocycle :

Pas de roue libre, alors on pédale non-stop ! chaque kilomètre parcouru est un kilomètre pédalé !

- Pas de place pour mettre des sacoches, donc tout (enfin presque) sur le dos.

Le tour de France sur une roue en une phrase !

C’est en haut de la grande roue qu’on voit toujours plus loin !

Plus d'informations sur le tour de France sur une roue